Haine des juifs : une histoire en dix dates de l’antisémitisme en France et en Europe

Isidore et sa famille ont subi les conséquences de l’antisémitisme doctrinal du régime nazi, mais aussi d’une haine des juifs profondément ancrée en France et en Europe. Pour mieux en comprendre l’origine, voici dix grandes dates de l’histoire antisémite du continent européen. La plupart des lois qui ont ciblé les juifs entre 1933 et 1945 sont héritées d’anciennes lois des royaumes chrétiens.

Dans l’histoire, les sociétés en crise ont toujours cherché un bouc-émissaire pour unir la population contre une minorité. Depuis 2 000 ans, les juifs ont souvent été ce peuple ciblé. De la mort de Jésus à l’invention du Protocole des Sages de Sion, plongée dans la construction complotiste qui a fait des juifs le peuple traître, avide d’argent et de pouvoir.

Ier siècle : de Judas traître aux juifs déicides

Les juifs sont les premiers chrétiens de l’histoire, convertis petit à petit au cours du Ier siècle. Paul de Tarse, auto-proclamé « Saint-Paul », a promu l’expansion du christianisme aux non-juifs, prêche dans les synagogues de l’est méditerranéen et est même soupçonné de motiver les juifs à l’insurrection contre l’Empire romain.

Mais c’est aussi lui qui avance l’idée du peuple déicide qui reste, 2 000 ans plus tard, un socle antisémite : « Ce sont ces juifs qui ont fait mourir le Seigneur Jésus et les prophètes, qui nous ont persécutés, qui ne plaisent point à Dieu et qui sont ennemis de tous les hommes », écrit le « Saint », né juif et pourfendeur des chrétiens avant de se convertir et d’alimenter son rejet des juifs, dans un livre du Nouveau Testament rédigé en l’an 51. L’accusation de déicide est liée à Judas, dénonciateur de Jésus auprès des autorités romaines, et au Sanhédrin, autorité religieuse juive qui a condamné le « messie » à la mort, peine exécutée par Pilate.

Le nom de Judas, personnage à l’historicité remise en cause, pose les bases d’une haine plus large. Judas se dit « judaeus » en latin, terme aussi utilisé pour dire « judéen », habitant de Judée, et voudra aussi dire juif. Ce qui favorise la généralisation, qu’on retrouve dès le IIème siècle dans des écrits chrétiens. Être contre Judas revient à être contre les Judéens donc contre les juifs, et à attribuer à tous les juifs les torts présumés de Judas. Trahison et argent seraient dans l’âme de ce peuple qui a vendu le Christ. Tous les ingrédients de l’antisémitisme sont là.

Judas recevant trente deniers en récompense de sa dénonciation de Jésus. (©Berrucomons)

1020 : les juifs accusés d’un tremblement de terre

L’Empire Romain est tombé depuis 600 ans quand Rome est touchée par un séisme le 15 avril 1020. La cité est ravagée par le tremblement de terre. Pour expliquer ce terrible événement, les autorités pointent les juifs du doigt. Le pape Benoît VIII condamne des juifs à mort pour avoir provoqué le séisme.

Au fil des siècles et notamment au Moyen-Âge, les juifs seront accusés de la plupart des événements inexpliqués ou incompris du fait de la faible connaissance scientifique de l’époque.

1096 : à Rouen, le massacre de la première croisade

Contre les peuples arabes et turcs, les royaumes chrétiens d’Europe soutenus par la papauté ont entrepris des expéditions militaires. Pendant deux siècles, elles ont d’abord pour objectif d’assurer l’accès à Jérusalem, mais aussi d’écraser des opposants chrétiens ou de protéger des structures étatiques en difficulté.

La première croisade est autorisée en 1095 pour libérer le passage vers Jérusalem, bloqué par les Turcs. Seigneurs et chevaliers s’unissent et font route vers l’Orient. Un itinéraire marqué par des massacres de juifs ainsi justifiés : « Notre intention est d’attaquer les ennemis de Dieu en Orient, non sans avoir à traverser de vastes territoires, alors que nous avons ici même, sous nos yeux, les Juifs. Or il n’existe pas de race plus hostile à Dieu. » Un chevalier franc aurait promis « de ne pas partir en croisade avant de venger le sang du Christ, de sorte qu’il ne restera pas de juifs en vie derrière lui ».

À l’automne 1096, le quartier juif du centre-ville de Rouen est envahi et les habitants sont massacrés. Des juifs sont parqués sous la menace dans des églises dans l’objectif de les convertir. Ce type de scènes va se répéter sur toute la route vers Jérusalem, notamment en Rhénanie. Un évêque y protège les juifs dans son palais, après un massacre survenu à Metz. Un autre évêque du sud-ouest allemand abrite 800 juifs avec la même méthode : les croisés assaillent le palais du hiérarque catholique et massacrent les juifs réfugiés à l’intérieur.

Massacre des juifs de Metz en 1096. (© Auguste Migette / musée de la Cour d’Or)

1215 : le pape instaure les premières lois anti-juives

Persécutions locales et massacres ponctuels avaient, jusqu’au 13ème siècle, été le lot commun des juifs d’Europe. Pour la première fois, avec le concile de Latran en 1215, l’antisémitisme devient loi universelle. Le mal-nommé pape Innocent III instaure l’obligation du port d’un signe distinctif aux juifs dans les royaumes de la chrétienté. C’est la rouelle, bout de tissu à coudre sur les vêtements et ancêtre de l’étoile jaune. Cette marque est inspirée du dhimmi, terme de droit musulman imposant le port d’un signe distinctif aux non-musulmans. Le port de la rouelle est imposé aux hommes juifs tandis que les femmes doivent porter un voile spécial. Le concile de Latran a aussi obligé les « sarrasins », les musulmans, à une distinction vestimentaire des chrétiens.

Ce concile marque la généralisation à l’Europe de mesures antisémites qui dureront plusieurs siècles. En 1516, la rouelle est toujours portée par les juifs enfermés dans le ghetto de Venise. Ce ghetto, premier d’Europe dont le nom est tiré du verbe italien ghettare signifiant « jeter » des déchets, sera « libéré » en 1797 par Napoléon.

Latran est le concile de l’exclusion professionnelle des juifs. Pour la première fois, les juifs sont interdits d’avoir des fonctions d’autorité, des relations professionnelles ou sociales avec les chrétiens, tout comme ils sont interdits de sortie durant la « semaine sainte ». Les interdictions professionnelles se multiplient : fonction publique et administrative ainsi que possession de terres cultivables sont proscrites. Les juifs exclus ont donc occupé les métiers interdits aux chrétiens, comme le prêt à intérêt. Ils pratiquent commerce, artisanat et médecine.

1348 : les juifs accusés d’empoisonner les puits

Comme pour le tremblement de terre de Rome, l’absence d’explication scientifique du mal qui a dévasté l’Europe de 1348 à 1351 a conduit les autorités catholiques à inventer un coupable. Le juif est devenu le responsable tout désigné de la peste noire, accusé d’avoir empoisonné les puits. Un complot né en 1321, quand la lèpre est mise sur le compte des juifs qui agiraient sur ordre des musulmans pour contaminer les chrétiens. Des lépreux et des juifs sont mis au bûcher. Le même mécanisme s’active avec la peste bubonique, alors que les juifs meurent tout autant que les chrétiens. Les pogroms deviennent la norme : Toulon, Apt, Forcalquier, Manosque, Saint-Rémy-de-Provence, Narbonne, Carcassonne, Valence, Orléans, Barcelone, Zurich, Berne, Munich, Strasbourg…

Sous les yeux complices des autorités religieuses, les juifs sont massacrés. Pourtant, le pape Clément VI a mis les juifs hors de cause dès juillet 1348 :

Une nouvelle infâme nous est parvenue. La peste que Dieu inflige au peuple chrétien pour ses péchés, voici que des chrétiens la mettent sur le compte des Juifs. Poussés par le Diable, ils les accusent d’empoisonnement. Ils les massacrent sans les laisser recourir à la justice, ils ne ménagent ni les enfants, ni les vieillards, ni les femmes. Il est vrai que ce crime d’empoisonnement mériterait un châtiment terrible, mais on voit que la peste atteint aussi les Juifs… Et puis, comment croire que les Juifs ont pu trouver le moyen de déclencher une catastrophe pareille ? Nous vous ordonnons de profiter de la messe pour interdire à votre clergé et à la population – sous peine d’excommunication – de léser les Juifs ou de les tuer ; s’ils ont des griefs contre les Juifs, qu’ils recourent aux juges.

Pape Clément VI

Cette position de la plus haute autorité catholique ne suffira pas. Le maire de Strasbourg qui voulait protéger les juifs de sa ville est démis en 1349. Entre 900 et 2 000 juifs sont brûlés, leurs biens sont pillés et récupérés par les bourgeois et ecclésiastiques chrétiens, la communauté disparaît. Des actes de résistance juive sont constatés, avec des suicides par immolation face aux émeutiers antijuifs après des combats. En Europe, environ 50 000 juifs ont été victimes de cette furie haineuse et aveugle.

Pogrom de Strasbourg du 14 février 1349, massacre initié par les autorités. (© Émile Schweitzer, bibliothèque de Strasbourg)

1492 : l’Inquisition instaure l’antisémitisme d’État

Au fil des siècles marqués par les oppositions entre religions, l’apogée de l’antisémitisme pré-nazi sera atteint en Espagne, à partir de 1492. Si cette date marque en Occident la « découverte » des Amériques, elle est sur le Vieux continent l’année d’une persécution généralisée et le début du plus grand exode connu par les juifs depuis celui les poussant hors d’Égypte. Dominée par le royaume Omeyyade depuis huit siècles, l’Espagne redevient terre catholique. C’est la Reconquista, achevée en 1492. Le tribunal de l’Inquisition avait été créé en 1478.

L’objectif poursuivi par l’Espagne catholique de la reine Isabelle est de « purifier » le sang espagnol. On traque donc les « marranes », les porcs que sont les juifs convertis au christianisme, accusés d’être insincères. Ils avaient accueilli avec un œil favorable l’occupation musulmane de la péninsule ibérique au 7ème siècle même s’ils ne seront pas considérés comme des citoyens à part entière et soumis à la dhimmi. Certains sont expulsés comme à Grenade en 1066. Une logique généralisée par les catholiques, qui imposent le choix entre conversion et exil.

Ce deuxième choix sera fait par 200 000 juifs séfarades d’Espagne qui vont fuir le pays vers l’Empire ottoman, qui n’impose pas l’islam comme religion d’État avant 1517. Les expulsions de juifs finiront en 1609. Les juifs s’installent sur le pourtour méditerranéen, du Maroc à l’actuelle Turquie, quand tous les royaumes chrétiens ont des lois antisémites. C’est l’origine de la famille d’Isidore en Turquie, avant son arrivée en France en 1910.

17ème siècle : Lumières sombres et haine anti-juive

Haïs parce que déicides, les juifs sont aussi honnis pour leur supposée « haine du non-juif ». Les Lumières, symbole de l’émancipation intellectuelle française, aurait pu gommer 1700 ans d’antisémitisme religieux. Au contraire, les Lumières vont décorréler la judéophobie de l’opposition religieuse, explique l’historien Pierre-André Taguieff dans La revue des deux mondes : « Voltaire attribuait aux juifs une intolérance incomparable, un fanatisme sans limites, une haine absolue du genre humain, de ridicules et dangereuses superstitions, des instincts sanguinaires et une cruauté raffinée. » Vrai militant des droits humains, Voltaire n’a pas échappé aux préjugés.

Dans la version initiale de son Dictionnaire philosophique de 1764, tandis qu’il juge la femme « moins forte, moins grande et moins capable » que l’homme, Voltaire attaque homosexuels, musulmans et surtout les juifs. Il en fait « le peuple le plus abominable sur Terre ». À la page « tolérance », il écrit : « C’est à regret que je parle des juifs : cette nation est, à bien des égards, la plus détestable qui ait jamais souillé la terre. » S’il tacle le christianisme de religion « la plus ridicule, absurde et sanguinaire qui ait jamais infecté le monde », et justifie sa haine des juifs par le rejet de la Bible, Voltaire illustre finalement l’antijudaïsme moderne. À rebours, Diderot est un des rares philosophes des Lumières à voir dans le peuple juif un ciment des nations d’Europe.

1808 : la méfiance, le « décret infâme » et l’assimilation de Napoléon

L’Empire illustre la dichotomie des États face à la « question juive ». Napoléon, consul Bonaparte puis empereur Ier, a pris diverses mesures à la fois émancipatrices et coercitives à l’égard des juifs de France. Général en 1797, Napoléon découvre la situation des juifs d’Italie ghettoïsés lors de ses campagnes militaires. Grâce à son action, le port du brassard à l’étoile de David est interdit, remplacé par la cocarde tricolore. Les juifs italiens deviennent des citoyens à part entière, des hommes libres ayant les mêmes droits que tous les Italiens.

Ami des juifs, Napoléon ? Pas vraiment. En 1806, des violences ciblent les juifs alsaciens accusés d’imposer des taux d’intérêt trop élevés et d’avoir « ruiné plusieurs familles par des escroqueries de toute espèce ». Au Conseil d’État, l’empereur estime que le métier de prêteur est « un mal qui ne vient pas des juifs comme individus mais de leur constitution en tant que peuple », oubliant que cette pratique est issue de lois antijuives leur interdisant les autres professions. Pour Napoléon, les juifs « sont des chenilles et des sauterelles qui ravagent la France ». Le père du Code civil dit : « Je dois la même protection à tous les Français et je ne puis regarder comme des Français ces Juifs qui sucent le sang des véritables Français. »

Marginale dans l’Empire avec 170 000 personnes environ, la communauté juive ne représentait pourtant pas une obsession pour Napoléon, qui s’est en parallèle montré plus ouvert que la société française de l’époque. Il prend en 1806 deux mesures : le gel des dettes contractées auprès de juifs de l’Est et la création d’une assemblée juive de 95 députés, appelée « assemblée des notables » pour travailler à l’assimilation des juifs à la France. Celle-ci a entériné « la soumission des juifs aux volontés de l’Empereur et de l’État ». Le culte juif fut réorganisé, tandis que les juifs eurent ordre de choisir un nom de famille, pratique exclue avant. Les juifs deviennent citoyens mais avec des contraintes fortes dans un objectif d’ordre public : conscription obligatoire, interdiction d’installation des juifs étrangers à l’exception de ceux prêts à acquérir des terres cultivables, installation interdite en Alsace… Malgré ces décisions coercitives, les juifs de France sont en 1810 les seuls d’Europe à avoir la liberté de culte, un statut et des rabbins reconnus par l’État. Cette politique d’assimilation sera utile à Napoléon, soutenu par les juifs heureux d’être enfin reconnus comme citoyens français.

1894 : l’affaire Dreyfus ravive les passions antisémites

Affaire d’État, l’affaire Dreyfus illustre les scissions françaises au sujet des juifs. Au terme d’un siècle d’intégration à la nation, les juifs sont toujours perçus comme des « traîtres de naissance » par une partie de la population. En 1886, le pamphlet antisémite La France juive publié par Édouard Drumont est un parfait exemple de la montée de l’antisémitisme en parallèle de celle du nationalisme et du cléricalisme catholique, trois extrémismes d’opposition à la jeune République. Ce livre recèle d’une liste de 3 000 personnalités juives ou ayant eu des liens avec les juifs. Parmi les meilleures ventes de la fin du 19ème siècle, cet ouvrage – qui théorise l’antisémitisme religieux, anticapitaliste et racial en un tout – est réédité 200 fois jusqu’en 1914.

L’affaire Dreyfus survient en 1894, alors que la haine des juifs s’affirme publiquement. Le capitaine Alfred Dreyfus, français juif d’Alsace, est accusé d’avoir renseigné les Allemands sur l’armement français. Condamné au bagne à perpétuité, le capitaine est soutenu par sa famille. Si le vrai coupable est confondu en 1896, l’armée refuse de revenir sur le jugement de son tribunal militaire. Émile Zola publie J’accuse en 1898 après l’acquittement de Ferdinand Esterhazy, le vrai traître soutenu par une campagne antisémite de la presse militariste.

Les anti-dreyfusards sont surtout de droite et l’affaire sert de carburant à l’extrême droite. De 1898 à 1909, un « groupe antisémite » mené par Drumont siège à l’Assemblée nationale avec 20 députés. Quant aux dreyfusards, ils sont de gauche, marquant une bascule qui calme l’antisémitisme de gauche jusque-là assumé et justifié par le préjugé faisant des juifs les principaux capitalistes, notamment avec la figure des Rothschild. L’antisémite ramène les juifs à cette famille, faisant de tous les juifs des riches, oubliant volontairement que la quasi totalité des juifs d’Europe ont été pendant des siècles des travailleurs manuels – tailleurs, ouvriers -, pauvres et opprimés.

1903 : faux protocole et avènement du complot juif

Pendant que l’affaire Dreyfus avance vers l’acquittement du capitaine qui interviendra en 1906, l’antisémitisme reçoit l’aide de la police secrète du tsar de Russie. En 1903, l’Okhrana utilise un livre satirique imaginant un plan de domination du monde par Napoléon III pour rédiger Le protocole des Sages de Sion. Ce livre invente un « conseil de sages juifs » ayant pour objectif d’anéantir la chrétienté pour contrôler le monde. Le « protocole » se présente comme une compilation de comptes-rendus de prétendues réunions de ces « sages ».

Publié en Russie avec comme autre titre Programme juif de conquête du monde, le livre est traduit en Allemagne en 1909, sa lecture est faite au Parlement de Vienne et les contre-révolutionnaires russes diffusent encore plus largement le texte après 1917. En 1920, un journal britannique publie une « demande d’enquête » au sujet des faits avancés dans le livre pourtant entièrement faux. Cet article donne une crédibilité à l’ouvrage traduit en français la même année. En 1925, Adolf Hitler s’en fait l’écho dans Mein Kampf. Aux États-Unis, Henry Ford dénonce dans son journal un livre « trop terriblement vrai pour être une fiction, trop profond dans sa connaissance des rouages secrets de la vie pour être un faux ». Il faudra attendre le procès de Berne de 1935 qui retiendra la fausseté du document et son « immoralité », puis 1938 pour qu’un prêtre jésuite, Pierre Charles, ne compare ligne par ligne le « protocole » et le pamphlet originel de 1864 pour confirmer qu’il s’agit d’un faux.

Des nazis aux complotistes 2.0, la même haine recyclée

Trop tard : Adolf Hitler est au pouvoir depuis 1933, a pris les premières lois antijuives en 1935, a annexé l’Autriche et les Sudètes en 1938. L’Italie est fasciste depuis 1922 et adopte ses lois antisémites en 1938. L’Union soviétique de Staline censure les informations liées au procès de Berne. Les pogroms se multiplient en Pologne en 1936. La Roumanie et la Hongrie limitent les droits des juifs en 1938. La France suit le rythme : statut des juifs en 1940, dénaturalisations en 1941, collaboration active jusqu’en 1944. Interdiction de métiers, couvre-feux, port d’un signe distinctif et massacres n’ont pas été inventés par les nazis mais réutilisés. Ce que le nazisme va inventer, c’est la destruction industrielle d’un peuple. La haine antisémite qui a amené six millions de juifs à la mort s’est construite au fil des 2 000 ans de persécutions.

Et la « bête immonde » est loin d’avoir disparu. Les mêmes ressorts antisémites sont utilisés par des extrémistes du complot pour expliquer la pandémie de Covid-19, par exemple. Les groupes néonazis proches de candidats d’extrême droite à l’élection présidentielle de 2022 sont aussi façonnés par cette haine du juif, base d’une haine du musulman revendiquée. Une haine dont les grandes idées – comme la proximité des milieux financiers – sont un héritage direct… de politiques antisémites ayant exclu pendant plusieurs siècles les juifs de la vie publique.

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